Évaluer l’impact climatique de votre événement, poste par poste
Mesurer l’empreinte carbone d’un événement permet de quantifier les émissions de gaz à effet de serre générées par sa préparation, son déroulement et...
Mesurer l’empreinte carbone d’un événement permet de quantifier les émissions de gaz à effet de serre générées par sa préparation, son déroulement et, si nécessaire, son démontage. Cette démarche ne sert pas uniquement à communiquer un chiffre : elle aide à identifier les décisions qui ont le plus d’impact, à comparer plusieurs scénarios et à définir un plan d’action crédible.
Le résultat est généralement exprimé en kilogrammes ou tonnes de CO₂ équivalent (CO₂e). Cette unité prend en compte plusieurs gaz à effet de serre, notamment le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote, en les convertissant selon leur pouvoir de réchauffement global.
Il n’existe pas d’empreinte carbone moyenne valable pour tous les événements. Le format, le nombre de participants, leur origine géographique, la durée, le lieu, le niveau de scénographie et le type de restauration peuvent modifier fortement le résultat.
La première étape consiste à préciser ce qui sera mesuré. Un périmètre mal défini peut conduire à des comparaisons trompeuses ou à un bilan incomplet. Il faut notamment déterminer :
En France, le Bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) et la méthode Bilan Carbone de l’ADEME constituent des références utiles pour structurer la démarche. Pour un événement, il est également pertinent de distinguer les émissions directement maîtrisées par l’organisateur de celles qui dépendent des comportements des participants.
| Poste | Données à recueillir | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Déplacements | Origine, destination, mode de transport, distance, nombre de personnes | Inclure les trajets des visiteurs, équipes, intervenants et prestataires |
| Restauration | Nombre de repas, composition des menus, boissons, quantités jetées | La composition des repas compte davantage que le seul poids servi |
| Lieu et énergie | Surface, durée, consommations d’électricité, de chauffage et de climatisation | Demander les relevés au site ou utiliser une estimation documentée |
| Matériel et scénographie | Structures, mobilier, écrans, sonorisation, moquette, impressions | Tenir compte de la fabrication, du transport, de la réutilisation et de la fin de vie |
| Hébergement | Nombre de nuitées, catégorie ou données fournies par l’établissement | Ne pas oublier les intervenants et les équipes techniques |
| Déchets et logistique | Volumes, poids, collecte, fret, livraisons et retours | Éviter de compter deux fois le même flux |
Dans de nombreux événements, les déplacements des participants constituent un poste majeur, en particulier lorsque le public vient de loin ou utilise largement la voiture et l’avion. Il ne faut toutefois pas généraliser : un événement local organisé dans un bâtiment très énergivore, avec une scénographie neuve et une restauration complexe, peut présenter une répartition différente.
La qualité du bilan dépend d’abord de la qualité des données. Il est préférable de demander des informations réelles plutôt que de multiplier les hypothèses : questionnaire de mobilité, fichiers de réservation, factures d’énergie, inventaire des achats, pesées des déchets et données des fournisseurs.
Lorsque les données physiques ne sont pas disponibles, l’organisateur peut utiliser des facteurs d’émission reconnus. En France, la Base Empreinte de l’ADEME rassemble des facteurs d’émission et des données environnementales. Le calcul suit généralement cette logique :
Émissions = donnée d’activité × facteur d’émission.
Par exemple, on peut partir du nombre de kilomètres parcourus par les participants et du mode de transport utilisé, puis appliquer le facteur correspondant. Il est essentiel de conserver la source, l’unité, la date et le niveau d’incertitude de chaque donnée. Une estimation transparente et perfectible est plus utile qu’un chiffre très précis en apparence mais impossible à vérifier.
Le bilan doit déboucher sur des arbitrages opérationnels. Les actions les plus pertinentes sont celles qui réduisent une activité émettrice, plutôt que celles qui se limitent à compenser les émissions après coup. Selon le format, les leviers peuvent inclure :
Pour comparer deux options, il est recommandé de conserver le même périmètre et les mêmes hypothèses. Un scénario « événement en présentiel », un scénario hybride et un scénario entièrement à distance doivent notamment intégrer les équipements, l’énergie et les déplacements propres à chaque configuration.
Quel est le meilleur moment pour mesurer l’empreinte carbone ?
Une première estimation peut être réalisée lors de la conception afin d’éclairer les choix. Le bilan final intervient après l’événement, lorsque les consommations, les déplacements et les quantités réellement achetées sont connues.
Faut-il mesurer uniquement les émissions de l’organisateur ?
Non. Pour représenter l’impact global, il est pertinent d’inclure les visiteurs, les intervenants, les prestataires et les exposants. Le rapport doit néanmoins distinguer les postes contrôlés directement des émissions indirectes.
Peut-on utiliser un calculateur en ligne ?
Oui, pour obtenir une première estimation ou sensibiliser les équipes. Pour un bilan destiné à piloter une politique environnementale, il faut vérifier le périmètre, les facteurs d’émission, les hypothèses et la traçabilité des données.
La compensation suffit-elle à rendre un événement neutre ?
Non. La priorité est de mesurer puis de réduire les émissions à la source. Les projets de contribution climatique doivent être présentés séparément et ne doivent pas masquer les émissions effectivement générées par l’événement.